Arianisme: Question historique

Une rencontre à deux voix,

avec Philippe Blaudeau, historien, et Yves-Marie Blanchard, théologien

 

La liberté religieuse accordée aux Chrétiens par l’empereur Constantin (313) constitue un formidable coup de tonnerre dans le ciel de l’Antiquité tardive. Désormais libres de s’exprimer, les Chrétiens sont alors tentés de mettre sur la place publique leurs différends quant à l’interprétation de l’expression « Jésus Fils de Dieu », placée au cœur de la foi chrétienne. Les propos enflammés d’un prêtre d’Alexandrie, nommé Arius, passionnent et déchirent l’opinion, si bien qu’à la demande de l’empereur, les évêques réunis en concile à Nicée (325) pensent mettre un terme à la crise, en précisant comment comprendre l’expression débattue. Il en résulte le Credo ou Symbole de Nicée, toujours en vigueur dans les Églises chrétiennes.

Toutefois, la discussion est loin d’être close : tout au long du quatrième siècle, le débat ne cesse de reprendre, avec de fortes implications politiques. De grands évêques, à commencer par Hilaire de Poitiers, sont ainsi amenés à s’engager pour défendre et approfondir les affirmations du Concile de Nicée. Ainsi, de simplement religieuse, la question est devenue sociale et culturelle. Une approche historique permettra de mieux comprendre le phénomène, tandis qu’une amorce de réflexion théologique tentera de montrer l’actualité d’une question centrale pour la foi chrétienne, y compris de nos jours : comment comprendre l’expression « Jésus Fils de Dieu » ?

Yves-Marie Blanchard
Philippe Blaudeau

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