Hymnes, poèmes lyriques

Concert « Hymnes d’Hilaire » Mise en lumière, mise en musique

Les hymnes sont des poèmes lyriques pour célébrer les dieux, les héros, les événements historiques importants. Le mot vient du grec et indique le chant. Il y a des hymnes dans l’Ancien et le Nouveau Testament. Saint Paul recommande aux chrétiens d’Ephèse (Ephésiens 5, 19) : « Récitez entre vous des psaumes, des hymnes et des cantiques inspirés ; chantez et célébrez le Seigneur ». Et aux Colossiens (3, 16) : « Chantez à Dieu de tout votre cœur par des psaumes, des hymnes et des cantiques inspirés ». Au début du IIe siècle Pline le Jeune érit à l’empereur Trajan que les chrétiens de Bithynie ont coutume de chanter en chœurs alternés des hymnes au Christ comme à un dieu.

Les hymnes ont une grande place dans la liturgie des Eglises d’Orient. Le plus ancien recueil, du IIe siècle, vient de Syrie du Nord. Le nom le plus célèbre comme compositeur d’hymnes est celui de saint Ephrem (vers 306-373).

Exilé en Phrygie saint Hilaire avait constaté l’influence profonde des hymnes écrites (le mot est féminin pour les hymnes liturgiques) par Ephrem. De retour à Poitiers il décida de faire chanter des hymnes semblables aux chrétiens de son diocèse attirés par l’arianisme, mais il se serait plaint, au dire de saint Jérôme, du médiocre accueil que leur firent ses fidèles trop peu instruits. Ses compositions étaient trop savantes, et aucune n’est entrée dans la liturgie. Trois hymnes sont reconnues comme étant d’Hilaire, Le mystère du Fils éternel, L’âme humaine libérée de la mort, L’angoisse du démon. Pour lutter lui aussi contre les ariens, saint Ambroise, évêque de Milan à la fin du IVe siècle, composa également des hymnes, dont quatre font toujours partie de la liturgie. A cette époque l’Eglise est encore réticente vis-à-vis de ces créations, et le concile de Laodicée au IVe siècle recommande de n’utiliser dans la liturgie que des cantiques bibliques.

Au VIe siècle Venance Fortunat, qui fut évêque de Poitiers et fut enterré en l’église Saint-Hilaire a composé des hymnes conservées par la liturgie, notamment « Les étendards du roi s’avancent » (Vexilla regis prodeunt) pour l’arrivée à Poitiers de la relique de la Vraie Croix obtenue par sainte Radegonde, et deux hymnes pour la Vierge. Le concile de Tolède de 633 regrette la méfiance envers les hymnes, telles celles dues aux très saints docteurs Hilaire et Ambroise, et excomunie ceux qui refuseraient ces hymnes composées à la louange de Dieu.

La production des hymnes a été importante aux VIIIe-XIe siècles, puis surtout au XIIe et au XIIIe siècle. Beaucoup de fêtes nouvelles, aux XVIIe-XXe siècles, ont été pourvues d’hymnes particulières.

Robert Favreau

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