Sur les pas de saint Hilaire le 25 mars 2015

De Monique Béraud,

Mettre ses pas dans ceux de saint Hilaire demanderait plus d’une heure et demie. Il a dû parcourir toute la ville du Bas-Empire en particulier le quartier autour du baptistère près duquel se trouvait la cathédrale primitive… La visite se cantonnera à deux sites :

Nous découvrirons la chapelle dite aujourd’hui des Augustins, Saint-Hilaire-de-la-Celle bâtie selon la tradition sur la demeure privée d’Hilaire, là où il avait son oratoire, la « cella » où il aimait se retirer pour prier. Après sa mort, son corps y fut exposé à la vénération des fidèles. La dalle du XIIe s. portant la représentation en relief de cette scène est conservée sur place : l’évêque, entouré de ses disciples, vient de rendre l’âme. On voit celle-ci sous forme d’un adolescent, emportée au ciel par des anges. Le cénotaphe – monument funéraire commémoratif- a été mutilé pendant les guerres de religion mais garde toute sa lisibilité et permet de juger de sa qualité exceptionnelle.

A la fin du XIe s.  , les moines augustins installent sur le site un prieuré qui devient abbaye trois siècles plus tard. Le chœur et le transept de leur église sont conservés, en particulier l’étonnante coupole témoignant de l’élégance du style gothique de l’Ouest. Un siècle après les destructions de 1562, les moines génovéfains prennent possession des lieux et reconstruisent les bâtiments conventuels. Vendue comme bien national, l’abbaye deviendra carmel de 1820 à 1957 puis acheté par le CRDP ( Centre Régional de Documentation Pédagogique)

De son vivant, Hilaire avait choisi le lieu de sa sépulture dans la grande nécropole au sud de la ville : il avait fait ériger une chapelle Saint-Jean et Saint-Paul où il fut inhumé.

Dès 430, un lieu de culte reçoit les pèlerins qui se pressent sur le tombeau, attirés par la réputation du confesseur de la foi. Après la bataille de Vouillé (507), le moine Fridolin, originaire d’Irlande fait bâtir l’église de Saint-Hilaire-le-Grand. Mais viennent ensuite des « temps obscurs » faits de pillages et de destructions : la basilique flambe lors des incursions normandes. Les religieux transportent les restes du saint au Puy-en-Velay.

Après l’an mille, grâce entre autres aux libéralités de la comtesse du Poitou, l’édifice est entièrement reconstruit : le chevet du XIe s. témoigne de la puissance des moyens mis en œuvre pour la plus grande fierté du collège des chanoines. Le plan est original avec ses bas côtés doubles, sa nef centrale bordée de files de colonnes supportant les voûtes en pierre, ses quatre chapelles absidiales greffées sur le vaste déambulatoire. La déclivité du terrain a permis de surélever le chœur tout en ménageant la « confession d’Hilaire» où sont conservées les reliques rapportées à Poitiers au XVIIe s. Les vestiges de peinture murale de la partie orientale laissent imaginer une église entièrement recouverte de peintures. La reconstruction de la nef au XIXe a amputé l’édifice de deux travées mais il conserve sa splendeur et a mérité d’être inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité depuis 1998, au titre des chemins de St-Jacques.

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